Avoir moins et vivre heureux

Tout a commencé après mon mariage. Avec ma femme, nous cherchions un appartement pour débuter notre vie de couple. Il n’aurait pas pu accueillir toutes nos affaires, alors nous avons décidé de faire un grand tri.

J’aime le style minimaliste : un espace épuré et convivial. Alors avec ma femme, nous avons pris le temps de choisir ce que nous allions garder et ce dont nous allions nous débarrasser. Chaque objet était passé en revu pour gagner le droit de rester dans notre vie.

Un exemple : ma garde-robe. J’avais beaucoup d’habits, accumulés au fil des ans. Après un tri strict, j’ai réussi à me débarrasser de 80 % de mes vêtements. Je les ai donnés à mon frère, à un cousin et à une association caritative.

Ces vêtements-là ne m’ont pas manqué. Alors un an après, j’ai décidé de réitérer l’expérience. Bilan : je ne portais plus 20 % de ma garde-robe. Je m’en suis débarrassé de la même manière.

Je garde quand même certains vêtements pour des situations particulières (bricolage, travaux) ou des événements spéciaux (mariages, sortie neige). Mais toujours en quantité limitée.

 

Vivre avec l’essentiel

Alors pourquoi m’embêter alors que je pourrais tout garder ? Aujourd’hui cela me semble évident : oublier le superflu, me concentrer sur ce qui est important et vivre plus heureux.

Laissez-moi expliquer les avantages que je trouve à vivre avec moins…

Gagner de la place – Moins on possède d’objets, plus on possède d’espace. Grande inspiration : « Ça fait du bien ! »

Avoir un meilleur environnement (de vie et de travail) – Moins on possède d’objets, plus c’est facile de garder l’ordre chez soi et un cadre agréable favorise le bien-être. Quand on travaille chez soi, un environnement propre et sans distraction améliore aussi sa productivité.

Être plus mobile – Nous avions prévu de déménager dans les 2 ou 3 années qui suivent. Aujourd’hui nous avons des envies de grand voyage. Moins on a d’affaires, plus c’est simple pour bouger.

Être moins encombré – En plus du temps gagné en ménage, c’est plus simple de trouver ce que l’on cherche (chaque chose à sa place !). Au final, il y a moins d’objets dont il faut s’occuper : nettoyage, réparations et entretien.

Être moins préoccupé – Moins (ou plus du tout) de distraction autour de soi apporte un esprit plus libre. Dire au revoir à ce que l’on possède permet d’être plus serein.

Dépenser moins – Avoir moins c’est vouloir moins. En partant dans cette direction, les achats deviennent plus réfléchis et les dépenses diminuent. De quoi épargner, investir ou même dépenser dans des choses qui ont du sens (se former, vivre des expériences inoubliables, etc.).

Faire du bien – Oui, je jette ce qui est inutilisable, mais le reste va à ceux qui en ont besoin. La veste, le bouquin ou l’objet qui ne me sert plus peut faire toute la différence dans la vie de quelqu’un d’autre. C’est une belle opportunité pour apprendre à réfléchir aux besoins des autres… et pour apprendre à donner avec joie !

Profiter des objets qui restent – Une fois débarrassé de tout ce bordel de toutes ces distractions, on remarque et utilise davantage les possessions matérielles dont nous avons besoin.

Voir ce qui est le plus important – Nous quitterons tous cette planète sans rien emporter : avoir moins permet de se concentrer sur ce qui est réellement important, comme les relations et les souvenirs que l’on créé.

 

Dire au revoir à ses possessions est difficile

Vivre avec l’essentiel, faire le tri et posséder moins : j’étais convaincu des bénéfices et cet art de vivre me rendait plus heureux. Mais je faisais une exception… ma bibliothèque.

J’ai toujours été fier de ma bibliothèque : 300 à 400 livres collectés au fur et à mesure des années, en fonction de mes passions du moment. Il y a tellement de bonnes raisons pour garder tous mes livres ! Lire c’est s’instruire, se cultiver, grandir…

Oui, lire c’est bien. Mais est-ce que posséder une grande bibliothèque veut dire la même chose ? Pour trouver une réponse, j’ai décidé de tenter une expérience.

Sans exception (mais sans engagement), j’ai mis sur une table tous les livres que je n’avais jamais lus, que je ne lisais plus et qui ne m’intéressaient pas tellement. J’ai remarqué que je gardais beaucoup de livres à cause de différentes excuses.

Je gardais des livres « au cas où ».Et si je voulais faire un résumé sur celui-ci ? Et si j’avais besoin d’en savoir plus sur ce principe de psychologie ? Et si je décidais de me remettre à la comptabilité ? (oui on s’en trouve de ces bonnes excuses).

Apprendre à lâcher prise n’est pas facile. Parfois se débarrasser d’un objet c’est aussi laisser partir l’idée d’un soi potentiel :

– Aujourd’hui je ne lis pas de livre sur ce thème
– Aujourd’hui je n’utilise pas cet équipement sportif
– Aujourd’hui je ne porte plus ce pantalon/cette robe qui ne me va plus
– Aujourd’hui je ne joue plus de cet instrument
– Aujourd’hui je ne joue plus avec cette console
– Aujourd’hui je ne cuisine jamais avec cet appareil
– Aujourd’hui je n’utilise pas cet objet

Aujourd’hui ou aujourd’hui et les 3 dernières années.
Mais demain ? (ou dans les 3 prochaines années)

– Et si jamais je décide de devenir un expert sur ce sujet ?
– Et si jamais je commence à faire du sport tous les jours ?
– Et si jamais je maigris pour retrouver mon poids d’il y a 5 ans ?
– Et si jamais je prends le temps de faire de la musique ?
– Et si jamais je veux rejouer à ces vieux jeux ?
– Et si jamais je dois faire tel repas ?
– Et si jamais j’ai besoin de cet objet ?

Au fond, vous le savez, ça n’arrive jamais.

Et si cela devait arriver, ne pourriez-vous pas trouver une solution simple ? Acheter à nouveau (neuf ou d’occasion), emprunter, trouver l’équivalent gratuitement (Internet pour l’information), etc.

Se débarrasser d’un objet est une opportunité pour lâche prise et laisser partir ces versions de nous-même (« qui je pourrais devenir si je garde cet objet »). Parce que nous possédons ne définit pas qui nous sommes.

 

Gagnant à chaque fois

Mais si je passais à côté de quelque chose ?

Je gardais aussi des livres « non utilisés ». Soit je ne les lisais plus, soit je ne les avais jamais lus. La différence avec les « au cas où » c’était que je n’avais simplement jamais pris le temps de les lire.

Je pourrais m’en débarrasser de suite, mais ce serait dommage. Alors je les ai mis à part et me suis fixé un délai : ces livres valent le coup alors je me donne 2 mois pour les lire, sinon je m’en débarrasse.

Se fixer un délai permet de ne plus reporter. Soit on ne l’utilise pas et c’est bien une preuve de son inutilité dans sa vie. Soit on l’utilise et on découvre sa réelle place : « bof bof, au revoir » ou « génial j’ai failli passer à côté de ça 3 ans de plus ».

J’étais content de lire la majorité de ces livres (j’en suis à la moitié). Ils m’ont apporté ce qu’il fallait et maintenant je peux m’en débarrasser, sauf une rare exception qui regagne sa place dans la bibliothèque.

Jouez de votre vieil instrument, utilisez votre matériel de sport, sortez vos équipements et utilisez-les ! Fixez-vous une date limite pour le faire et pour décider de son avenir.

Vous verrez si vous ne le gardiez que par fantasme ou s’il se révèle faire partie de votre essentiel.

 

Priorité à l’essentiel

Une dernière excuse pour garder des livres dont je n’ai pas besoin : « Je les garde pour mes enfants ». Il s’agissait de « classiques » que je gardais pour qu’un jour mes enfants puissent les lire.

Alors je me suis posé la question : « Qu’est-ce que je veux leur transmettre ? » Quelques livres de grands auteurs (que moi-même, je ne lis pas) ou un art de vivre ? Discerner ce qui est important, laisser aller le superflu, vivre une vie simple et heureuse.

Au final, faire le tri dans ses possessions c’est faire le tri dans sa vie et se demander : « Qu’est-ce qui a le plus d’importance ? »

 

Quelques conseils

Se concentrer sur une seule chose à la fois – Je ne voudrais pas que vous pétiez les plombs parce que ce soir vous mettez votre maison sens dessus dessous et que vous ne vous y retrouviez plus ! Concentrez-vous sur un meuble, une pièce, un type d’objet. Ne passez au suivant qu’après en avoir terminé avec le premier.

Limiter les acquisitions –  Limitez-vous à un nombre d’éléments par type d’objet (exemple : 20 Dvds maximum) ou mettez en place une règle simple pour vos achats (1 chemise achetée pour 2 parties). C’est un bon moyen pour gagner de l’espace et ne pas le remplir à nouveau avec de nouvelles merdes nouveaux objets.

Commencer petit – Inutile de réduire votre garde-robe de 80 % dès le premier jour. Commencez par l’évidence. Dites au revoir aux objets dont vous savez qu’ils ne vous manqueront pas. Quelque temps après, vous verrez tous les avantages : ce sera le moment de repartir à la chasse et d’élever les critères de ce qui est essentiel.

Faites-vous plaisir – Rappelez-vous que le but de posséder moins : laissez aller ce qui vous encombre (physiquement et spirituellement) et ne gardez que ce qui est le plus important pour vous : l’essentiel.

 

Bon courage pour votre aventure vers le « posséder moins ».
Rappelons-nous qu’une étape essentielle est « vouloir moins ».
Mais c’est un faible prix comparé au « vivre heureux avec l’essentiel ».

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Crédit photo : Bench Accounting

 

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