Comment devenir incroyablement bon

Comment devenir incroyablement bon

Il n’y a aucun secret mystérieux : c’est une stratégie bien simple qui différencie ceux qui maîtrisent leur art de ceux qui stagnent sans fin.

Et… clic ! Nous venions de prendre nos billets pour Bangkok. C’était un voyage exceptionnel que nous préparions avec ma femme : plus de 3 mois en Asie du Sud-Est pour découvrir le monde et sortir de notre zone de confort.



Casey est l’une des personnes qui m’a motivé à passer le pas. Comme des millions de personnes, je ne le connais pas personnellement mais je regarde ses aventures sur Youtube.


Casey Neistat réalise et partage des vidéos. Il filme avec style son quotidien qui n’a rien à voir avec le nôtre : voyages, drones, sports de glisse, expériences folles, rencontres insolites, etc. Autrement dit, sortir de sa zone de confort il connaît. Avec plus de 2 milliards de vues, il est aujourd’hui l’un des Youtubeurs les plus influents.

Son secret ? Il l’explique : « Une idée ne coûte pas cher. On surestime les idées. Exécuter ses idées est tout ce qui compte ». 


D’accord… original… mais encore… ?



« Take massive action ! » Traduit en français : deviens une arme d’action massive. Et il y a là une vérité à s’approprier, juste derrière ce qui semble être un conseil basique de développement personnel cul-cul.

Passer massivement à l’action pour devenir incroyablement bon : qu’est-ce que cela veut vraiment dire ? Et si cela marche vraiment… alors comment ?
 

Commencez ici pour atteindre l’excellence

Si vous lisez ces lignes, alors c’est que vous souhaitez devenir excellent dans un domaine bien précis.

 Que ce soit dans l’art, le sport ou les affaires.

La première étape est de savoir dans quelle catégorie nous cherchons à exceller. Pour pouvoir concentrer toute notre attention sur les bonnes compétences à développer.



Gary Keller a écrit l’un de mes livres préférés, que je lis au minimum une fois par an : The One Thing en anglais, traduit par Passez à l’essentiel pour sa version française.



Gary propose de se poser une question. Cette question a tout changé pour moi. Elle me permet de devenir bien meilleur dans mes projets. 



Votre but est de devenir incroyablement bon dans votre domaine. Listez d’abord toutes les actions qui peuvent vous aider à vous rapprocher de ce but. Posez-vous ensuite « LA question ».



Cette question est :

« Quelle est LA chose que je peux faire, qui si je la fais rendra les autres plus faciles, automatiques ou dispensables ? »

Vous passez alors d’une (longue) liste d’actions possibles à une seule action prioritaire. La chose qui aura le plus d’impact sur votre évolution.

Posez-vous la question à propos de votre objectif.

Pour vous ménager dans la liste des exemples suivants, je me contenterai d’écrire « Quelle est LA chose que je peux faire pour… ? » à la place de « Quelle est LA chose que je peux faire, qui si je la fais rendra les autres plus faciles, automatiques ou dispensables ? »

Par exemple donc :
– Quelle est LA chose que je peux faire pour devenir un roi de l’immobilier ?
– Quelle est LA chose que je peux faire pour maîtriser le mandarin ?

– Quelle est LA chose que je peux faire pour devenir bon au badminton ?
– Quelle est LA chose que je peux faire pour faire connaître ma musique ?
– Quelle est LA chose que je peux faire pour augmenter mon chiffre d’affaires ?

Vous allez déjà pouvoir faire des progrès énormes en identifiant et faisant la chose qui rend toutes les autres plus faciles, automatiques ou non nécessaires.

Pour devenir incroyablement bon, vous vous demandez sûrement : Mais comment s’assurer d’obtenir des résultats extraordinaires dans « la chose » ?

 

La stratégie pour maîtriser une compétence

Jacob Lund Fisker est l’auteur du livre Early Retirement Extreme (« la retraite anticipée extrême »). Ancien astrophysicien, le style de vie de Jacob est atypique : il a vécu sur un bateau et maintenant dans une caravane. En 5 ans, il a réussi à économiser et investir l’argent nécessaire pour ne plus jamais avoir à travailler s’il ne le souhaite pas.



Ce qui nous intéresse chez Jacob, c’est son approche pour maîtriser une compétence (ce qui est très utile dans sa vision de la vie pour être indépendant, travailler pour soi et limiter ses dépenses).



Jacob nous explique comment se mesurent les progrès dans l’acquisition d’une capacité. Le modèle est le même qu’il s’agisse de plomberie, d’une langue étrangère, de la maîtrise d’un sport ou d’un art.

Avec cette belle courbe en S, on peut voir la relation entre les efforts fournis et les résultats obtenus.

La courbe en S : le niveau de résultat obtenu en fonction du niveau d’effort fourni

Les efforts fournis sont représentés sur l’axe horizontal. Par exemple, le nombre d’heures passées à étudier le japonais ou le nombre de pompes effectuées.

Les résultats obtenus sont représentés sur l’axe vertical. Par exemple, le niveau de maîtrise du japonais ou le tour de taille des biceps.

Je vous rassure : on va reprendre tout ça lentement.

Surtout que l’on remarque trois phases différentes sur cette courbe en S…

 

Phase 1 : un long début pour obtenir des résultats

Dans cette première phase, il faut beaucoup d’efforts pour obtenir un peu de résultats.

Il faut beaucoup d’efforts pour progresser dans un nouveau domaine.

Si vous commencez le japonais, vous apprennez quelques mots durant la première leçon. Mais il vous faudra plusieurs mois pour faire des phrases compréhensibles et tenir une conversation. Chaque leçon vous fait progresser, mais progresser un tout petit peu.



Si vous commencez la musculation, vous vous sentez plus en forme dès la première séance (ou totalement mort, mais c’est la même chose). Mais il vous faudra beaucoup de séances pour voir un vrai début de transformation physique. Chaque séance vous muscle un peu plus, mais les progrès sont lents.



Quand Casey Neistat a commencé à publier des vidéos sur Internet, il a progressé petit à petit en cherchant ce qui marchait. Si plusieurs milliers de personnes ont vu ses vidéos, sa notoriété n’a pas non plus explosé durant ces premières années d’apprentissage.



C’est parce que cette étape est longue que nous abandonnons nos projets sportifs, artistiques ou professionnels.

Sans gros résultat, on se décourage et on cherche un autre domaine où on pourrait se révéler être un génie.

Malheureusement, la règle est la même pour les autres domaines. Heureusement, ceux qui persévèrent atteindront la phase 2…
 

Phase 2 : quand le travail paie (beaucoup)

Dans cette deuxième phase, tout change. Après un certain point, il faut peu d’efforts pour obtenir plus de résultats.

Avec persévérance, on atteint un momentum : nos efforts permettent d’obtenir des résultats énormes et toujours plus grands.

À un moment dans votre apprentissage du japonais, vous allez passer un nouveau cap et enrichir considérablement votre vocabulaire. S’il vous a fallu plusieurs années pour pouvoir engager une discussion avec un Japonais, maintenant chaque conversation vous fait progresser. Vous vous améliorez davantage en 2 mois sur place que durant les 2 premières années réunies.



Après des mois de sueurs à la salle de sport, vous passez au niveau supérieur. Les progrès se font de plus en rapides : votre tour de bras augmente plus vite et vous battez vos records au développé couché. Vous passez plus vite de « un peu musclé » à « très musclé », comparé au temps passé pour aller de « pas musclé du tout » à « un peu musclé ».



Quand Casey Neistat a commencé à avoir plus de vues sur ses vidéos Youtube, il a décidé de publier une vidéo par jour. La notoriété de Casey a augmenté de manière exponentielle, décrochant très vite le million d’abonnés.

C’est bien sûr la phase la plus kiffante du processus. C’est aussi cette phase qu’il faut viser. Comme nous avons uniquement « la chose » à faire, nous pouvons nous y concentrer sans être distraits par d’autres projets. L’idée est d’atteindre cette phase 2 le plus vite possible.

En vous concentrant sur votre activité-clé et en fournissant le maximum d’efforts possibles, vous maximisez vos chances de dépasser la phase 1 avant de vous décourager et d’abandonner. Vous vous donnez les chances d’atteindre ce momentum où vous obtenez toujours plus de résultats pour toujours moins d’efforts.



(Note : oui, il y doit y avoirs des limites à l’effort. Mais par expérience, nous avons de la marge avant d’atteindre un niveau contre-productif…)
 

Phase 3 : quand le nouveau maître se rapproche du plafond

Dans cette troisième phase, nous nous rapprochons de la perfection mais nous revenons à un constat moins fun : de plus en plus d’efforts pour moins en moins de résultats supplémentaires.

Les experts d’un domaine atteignent un plateau : il faut énormément d’efforts pour se rapprocher de la perfection.

Une fois que vous parlez un meilleur japonais que le japonais courant, vous vous rapprochez d’un plafond. Si nous pouvions mesurer la maîtrise de la langue en pourcentage, vous êtes déjà à 95 %. Il vous faudra énormément d’efforts pour gagner 1 % supplémentaire. Peut-être même plus d’efforts qu’il ne vous en a fallu pour gagner les 25% du début de votre parcours.

Après être devenu l’un des champions du monde du développé couché, chaque semaine d’entraînement supplémentaire vous apportera moins de progrès qu’auparavant. Parce que là encore vous vous rapprocher d’un plafond. Autre exemple : il est plus facile de passer de 16 % à 10 % de masse grasse que de passer plus tard de 6 % à 5 %.



Maintenant qu’il connaît un succès international, Casey Neistat n’augmente plus autant ni son talent ni sa notoriété à chaque nouvelle vidéo publiée sur Internet.

Que faire quand on se rapproche du plafond cette phase 3 ?

Jacob Lund Fisker nous conseille de choisir une autre compétence à maîtriser pour maximiser l’impact sur notre vie.



C’est maintenant que vous et moi allons jouer aux dominos…
 

Bien aligner les dominos et décrocher la Lune

Vous avez identifié votre activité clé et vous vous êtes donné à fond, jusqu’à obtenir des résultats remarquables.

C’est une bonne nouvelle pour votre quête vers maîtrise de votre art. Mais il faut maintenant choisir une nouvelle compétence à débloquer. Pourquoi ? À cause de l’effet domino que Gary Keller aborde aussi dans The One Thing

Je vous en parle ?



L’effet domino est simple : un petit domino peut faire tomber un domino un peu plus grand, jusqu’à 50% de plus que sa propre taille.

Un domino en fait tomber un autre plus grand, qui en fait tomber un troisième domino encore un peu plus grand, qui lui aussi… vous avez compris le principe.



Pousser un petit domino peut faire tomber des dominos géants.
(crédits image : The One Thing de Gary Keller)

Gary Keller donne cet exemple : votre premier domino mesure 5 centimètres. Le deuxième mesure 50% de plus que le premier et ainsi de suite.

En faisant tomber votre 1er domino de 5 centimètres, vous pouvez faire tomber un 23ème domino de la taille de la Tour Eiffel et même un 57ème domino mesurant presque la distance Terre-Lune.

C’est ça l’effet domino.

Et cet effet de levier est immense si vous alignez les bonnes actions dans le bon ordre. 

Votre premier domino (la chose) et la suite des dominos suivants (la chose d’après et les suivantes) dépendent totalement de vous. Mais la méthode et la question de Gary Keller restent pertinentes dans tous les cas.



Faire « la chose » permet de réaliser « la chose » suivante plus facilement.

À noter que l’on n’est pas obligé de connaître d’avance les dominos suivants : il faut toujours se concentrer sur l’activité clé du moment jusqu’à se rapprocher du plafond et ensuite se poser la question pour trouver la nouvelle activité clé.


Maintenant que Casey a maîtrisé la réalisation vidéo (domino #1) puis son influence sur Internet (domino #2), de nouveaux horizons s’ouvrent à lui. Parions que le prochain chapitre de sa vie sera remarqué.
 

Un récap avec un exemple musclé et un exemple de génie


La stratégie pour devenir incroyablement bon tient en 3 points.

D’abord, trouver l’activité clé sur laquelle se concentrer en premier. Listez les actions possibles pour atteindre votre objectif et demandez-vous : « Quelle est LA chose que je peux faire, qui si je la fais rendra les autres plus faciles, automatiques ou dispensables ? »

Notre exemple musclé du jour, Arnold Schwarzenegger rêvait d’Amérique. Il a décidé de commencer par devenir bodybuilder comme l’un de ses modèles Red Park.



Notre exemple de génie du jour, Léonard de Vinci piquait du papier à son père quand il était enfant. Dessiner ce qu’il voyait dans la nature le passionnait.

Ensuite, fournir le maximum d’effort pour atteindre un momentum Concentrez-vous sur la chose et fournissez un maximum d’effortd. Vous dépasserez la longue phase de faibles résultats et progresserez de plus en plus facilement jusqu’à atteindre une maîtrise supérieure.

La phase clé de Arnold est « Répétitions, répétitions, répétitions ». Sa philosophie est se donner à fond à l’entrainement pour s’améliorer et devenir meilleur.

Léonard de Vinci passait la majorité de son enfance dans la nature à dessiner, dessiner et dessiner encore.

Finalement, choisir une nouvelle activité clé quand on obtenu des résultats remarquables dans la première. Une fois le premier domino tombé, passez au suivant. Trouvez-le en vous posant à nouveau « la question » et appliquez la même stratégie pour le faire tomber.

Arnold est devenu un champion du bodybuilding. Cette victoire lui a permis de se lancer avec succès dans les affaires. Succès qui lui a permis d’avoir une stratégie gagnante pour devenir l’un des acteurs les plus célèbres de la planète. Célébrité ce qui à son tour lui a ouvert les portes vers une carrière politique.

Léonard de Vinci a avait atteint un niveau de détails prodigieux dans ses dessins. Son père fit alors en sorte que Léonard devienne apprenti dans l’atelier de l’artiste Andrea del Verrocchio, où il affuta son art de la peinture, en particulier par les jeux de lumières. Léonard deviendra un artiste et un inventeur de génie.

Un vrai massacre de dominos.
 


Comment devenir incroyablement bon dans votre domaine ? En ciblant la chose qui aura le plus d’impact, en la bombardant par des efforts en masse pour atteindre un niveau supérieur et en répétant le processus avec les nouvelles opportunités qui s’ouvrent à vous.

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