Quel est le pire qui pourrait arriver ?

Pourquoi imaginer le pire m’aide à construire une vie avec du sens, à faire face aux difficultés et à prendre conscience à quel point je suis chanceux.

J’ai découvert un réflexe simple qui m’aide à vivre plus heureux. C’est rare, mais pour une fois c’est une pratique qui se prête à toute situation.

Il s’agit d’une question.

Une question à se poser :
– quand tout va bien
– quand tout va mal
– quand on doit prendre une grande décision

Pour prendre une grande décision. C’est la même histoire à chaque fois que je décide de me lancer dans un grand projet (comme me mettre à mon compte, partir vivre en Asie quelques mois ou m’investir dans un blog). Je vois les obstacles, je doute et j’ai peur de me planter. Alors je remets souvent au lendemain et j’enterre mon idée pour un temps.

Quand tout va mal. Quand ma vie est calme, tout semble bien aller. Mais une difficulté sort de nulle part et sème le trouble. C’est frustrant… Le risque est d’entrer dans un cercle vicieux où une complication en entraine une autre. C’est là que je commence à boire un cocktail bien sale de colère, de tristesse, d’angoisse et de déception.

Quand tout va bien. Et pourtant, je ne me rends pas compte de l’absence des difficultés quand tout va bien. Lorsqu’il fait beau et que les oiseaux chantent, mon réflexe humain est d’en vouloir plus et d’avoir hâte d’arriver à l’étape supérieure. C’est bien dommage, mais j’oublie vite d’être reconnaissant et de voir à quel point je suis chanceux.

Une question m’aide dans chacune de ces situations.

Cette question est…

Quel est le pire qui pourrait arriver ?

Je me pose cette question et j’imagine le pire.

Quel est le pire qui pourrait arriver ?

Imaginez…

 

S’imaginer le pire

Quel est LE PIRE qui pourrait arriver ? Quand je dis « le pire » ce n’est pas « quelque chose de pire qu’aujourd’hui » (bien que cela puisse déjà aider).

C’est imaginer le pire possible.

Quand je traverse un moment désagréable ou douloureux, je peux me dire « Mais je vis déjà le pire ! ».

Mais c’est faux…

Il y a toujours pire. On peut toujours imaginer pire que sa situation actuelle.

Quand j’imagine le pire, j’imagine le scénario le plus déplaisant possible. Le pire est un scénario si désastreux qu’il est difficile à supporter, même si c’est uniquement dans ses pensées.

Imaginer le pire c’est aller dans l’obscurité de ses peurs connues ou cachées. C’est un exercice que l’on ne fait pas habituellement.

Alors pourquoi s’infliger un exercice pareil ?

C’est un paradoxe, mais…

Cette question qui semble pessimiste, triste ou déprimante… est l’habitude qui m’aide le plus à être… optimiste, heureux et enthousiaste !

Voyons 5 gains à s’imaginer le pire.

 

Gain 1 : Savoir ce qui est futile ou important

Lorsque j’imagine le pire, je me rends compte que certaines choses sont plus futiles que je ne le pensais. Inversement, il y a peut-être des éléments de ma vie que j’ai négligés : des personnes, des possessions ou des engagements qui ont plus de valeur que je ne le croyais.

Qu’importe si mon ordinateur rend l’âme, tant que j’ai toujours accès à mes documents ou mes photos. Qu’importe si mon activité doit cesser, tant que je trouve comment nourrir ma famille.

« Heureusement que j’ai pu sauvé ma Gameboy ! »

S’imaginer le pire, c’est voir ce qui a le plus de valeur dans sa vie.

Nos vies sont bien remplies. Nous avons tout le confort possible, nous pouvons faire une liste infinie d’activités, nous pouvons acheter tout ce qui peut nous passer par la tête, nous pouvons entrer en contact avec quasiment le monde entier.

Dans l’abondance, il est bon de se rappeler ce qui est le plus important.

 

Gain 2 : Trouver le moyen pour éviter le pire

Guy Kawasaki est une figure connue pour les créateurs d’entreprise. Dans son livre « L’ Art de se lancer 2.0 », il conseille un exercice à tous ceux qui veulent créer une entreprise : le pre-mortem.

Un médecin légiste effectue un « post-mortem » sur un corps pour connaitre les causes d’un décès. Guy Kawasaki conseille de commencer par cette étape : imaginer que l’entreprise est un échec et lister toutes les raisons possibles de cet échec. Une bonne méthode pour les éviter.

C’est une solution pour voir les dangers potentiels, notamment les faiblesses auxquelles je n’avais pas pensé.

Imaginer le pire, c’est pouvoir faire les bons choix pour l’éviter.

Si vous faites un trek dans une jungle hostile, vous êtes heureux si vous avez une carte pour éviter les zones mortelles. La carte vous permet d’éviter les zones dangereuses ou de vous équiper pour les traverser sans risques.

Imaginer le pire c’est dessiner cette carte.

Quand ma grand-mère veut éviter le pire : que j’ai faim.

 

Gain 3 : Savoir comment réagir si le pire se produit

Que vous feriez-vous si…
… vous perdiez votre source principale de revenus ?
… vous perdiez votre conjoint ?
… vous perdiez l’usage de l’un de vos sens ?

Oui, ces événements sont terribles (on imagine le pire, pas un petit bobo).

Imaginer les pires événements ne les rendront pas moins horribles s’ils se produisent, mais…

Imaginer le pire, c’est avoir l’opportunité de décider en avance comment réagir s’il se produit.

Si mon entreprise se casse la figure, je sais que je peux chercher du travail dans telle entreprise, telle ville et telle activité.

Si je deviens aveugle, j’arrêterai ce blog et lancerai un podcast audio. Cela semble bête ou drôle, mais c’est vrai ! Par contre, il n’y aura plus d’images funs… Vous devrez passer au prochain point comme ça…

 

Gain 4 : Être plus confiant pour son futur

Nous avons vu qu’imaginer le pire permet :
– d’éviter que le pire se produise (ou d’éviter qu’il ait un impact)
– de vous préparer à mieux réagir s’il se produit

Le pire scénario possible est alors limité.

Parce qu’il n’y a pas pire ennemi que celui qu’on ne connait pas.
Parce qu’il n’y a pas pire menace que celle qu’on ignore.

Ce n’est pas pour rien que les gouvernements préparent des plans d’urgence pour toutes sortes d’événements tragiques.

Mais une fois que l’on connait le pire possible et que l’on s’y prépare, il perd de son influence sur nous.

Nos peurs se réduisent ou s’évanouissent.

Imaginer le pire, c’est devenir plus serein quant à son avenir.

À quoi bon avoir peur que des dinosaures de l’espace attaquent la Terre si on a déjà préparé l’arme de défense pour les neutraliser ? On rirait au nez des dinosaures de l’espace et de leur ultimatum bizarre : « Donnez-nous tous vos chats ou nous vous envahissons ! ». Nous garderions alors nos animaux de compagnie ingrats mais mignons.

C’est bon, tu n’as rien à craindre…

 

Gain 5 : Vivre plus heureux aujourd’hui

Houla, quel article triste aujourd’hui !

Oui, mais non ! L’avantage de cette habitude est d’améliorer ses réactions quand les mauvaises choses se produisent et d’envisager plus facilement les grandes décisions.

Mais le bénéfice le plus direct est de devenir plus heureux aujourd’hui.

Imaginer le pire, c’est devenir conscient de tous les sujets pour lesquels je peux être reconnaissant.

Quand j’envisage la perte de quelque chose, je vois sa réelle valeur. Quand j’imagine le pire, je me rends compte de ce que je peux perdre et je réalise combien je suis chanceux de vivre comme je vis.

C’est un bon moyen pour être reconnaissant et faire preuve de gratitude.

Quand je comprends les raisons pour lesquelles je peux être heureux, mes émotions et mes actions s’alignent sur cette nouvelle vision de ma vie.

Nous pouvons vivre des moments de qualité avec des proches tant que nous sommes réunis, utiliser les capacités de notre corps tant que nous les avons, investir notre temps ou dépenser notre argent pour des projets qui en valent le coup tant que nous en avons les moyens.

Imaginer le pire, c’est être reconnaissant pour ce que l’on a aujourd’hui.

À la place d’être frustré de tout ce que je n’ai pas ou de ce que je n’ai pas encore, je suis heureux de ce que j’ai.

Alors quand tout va bien, quand tout va mal ou quand je dois prendre une grande décision, je me pose la question…

Quel est le pire qui pourrait arriver ?

Et je souris.

 

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